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Pourquoi arrêter d’employer des fertilisants sur mes terres si c’est pour y perdre en rendement ? Comment rompre avec cette agriculture chimique qu’on nous encourage à employer depuis des décennies ? Telles sont les questions que se posent les petits paysans du Tamil Nadu, et auxquelles Ursula et son équipe tentent de répondre à travers la ferme modèle de Kaval Karan Patty, à 20 km de Trichy. Ursula est présidente de Trust Rural Development (TRD) depuis plus de 15 ans, et elle n’en est pas à son premier projet de formation à l’agriculture biologique. Le financement de Frères des Hommes grâce à la vente des kilomètres DynamoS’olidaire a ainsi permis de financer un nouveau projet de formation et une ferme biologique modèle. Défenseuse des droits des populations marginalisées dans les campagnes, Ursula est convaincue que c’est là, loin de la folie et de la pollution des villes indiennes, que chacun peut trouver sa part de bonheur. En Inde aussi le bonheur est dans le pré ? |
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A quelques mètres du champ de démonstration où commencent à pointer les premiers plants de tomate bios du projet, Ursula et son mari Nathran nous racontent : « Perte de fertilité des terres, suicides massifs parce qu’ils n’arrivent pas à rembourser leurs emprunts pour l’achat de pesticides : voilà ce que récoltent aujourd’hui les paysans indiens qui ont cru à la révolution verte dans les années 1960...lire la suite |
Nathran a 60 ans, il est le mari d’Ursula. Il n’est pas membre de TRD mais participe activement au projet, notamment en dispensant les formations sur l’agriculture biologique aux villageois...
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ZOOM : |
« L’agriculture biologique pourra-t-elle redonner à nos terres sa fertilité ? » se demande Ranjar, paysan engagé comme 100 autres dans la Farmer Field School (FFS). A travers ce programme de formation, TRD veut leur prouver que cela est possible...lire la suite
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DYNAMIQUE : Une meilleure agriculture pour une vie meilleure
A quelques mètres du champ de démonstration où commencent à pointer les premiers plants de tomate bios du projet, Ursula et son mari Nathran nous racontent : « Perte de fertilité des terres, suicides massifs parce qu’ils n’arrivent pas à rembourser leurs emprunts pour l’achat de pesticides : voilà ce que récoltent aujourd’hui les paysans indiens qui ont cru à la révolution verte dans les années 1960. »
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C’est pour renforcer l’autonomie financière de ces petits propriétaires, qui possèdent des exploitations familiales de 0,5 à 3 hectares, que TRD a mis en place ce projet. L’idée est de leur apprendre à cultiver sans produits chimiques, afin de réduire leurs coûts et d’améliorer la fertilité des sols. Entre mai et décembre 2009, des formations ont eu lieu dans 3 villages, réunissant près de 100 paysans. « Le plus dur, confie Ursula, c’est au départ de convaincre les paysans d’engager une partie de leur culture en biologique. Même leurs pères ont oublié ces pratiques. » |
Duarte Barreto est le directeur du réseau d’association Fedina dont fait partie TRD. Depuis sa thèse en sciences humaines dans les années 1970 à la Sorbonne à Paris, il suit de près l’évolution de la société et de l’agriculture indienne. Professeur d’Ursula lors de ses études à Bangalore, tous deux sont amis de longue date. Pour Duarte, l’agriculture indienne évolue vers des exploitations moins nombreuses mais plus grandes.
Pour certains paysans, comme Ranjar qui participe au programme confirment cette tendance, paysan n’est pas un métier d’avenir : « Je ne veux pas de cette vie pour mes enfants, c’est trop dur, j’espère qu’ils feront des études et auront un autre travail. » Mais pour Ursula, alors que l’Inde compte encore 60% de ruraux et face au stress que leur promet le développement urbain, la qualité de vie traditionnelle des campagnes n’a rien à envier aux grandes villes. N’est-ce pas plus pour un modèle de vie, sans pauvreté, que pour une agriculture modèle que se bat TRD ?
LUMIERE SUR Nathran PS - Des connaissances en agriculture biologique au service des paysans
Nathran a 60 ans, il est le mari d’Ursula. Il n’est pas membre de TRD mais participe activement au projet, notamment en dispensant les formations sur l’agriculture biologique aux villageois.
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Je suis né au Sri Lanka et j’y ai grandi avec ma mère, mon frère et ma sœur. Mon père est mort quand j’avais 6 ans. J’ai fait des études de sciences politiques et d’histoire, mais au final j’ai toujours été militant. En 1965, à 16 ans, je faisais parti du syndicat du travail de ma mère. Elle était ouvrière agricole dans une plantation de thé. Un jour, un ouvrier a été pris en train de couper du bois pour sa consommation personnelle. Il aurait été mis à la porte si nous n’avions pas refusé de travailler pendant 24 jours ! |
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Oui, j’ai quitté l’île avec ma mère en 1973. J’ai alors été travailleur social dans des ONG du Tamil Nadu, avant de travailler pour l’Indian Social Institute à Bangalore, jusqu’en 1993. Ensuite j’ai travaillé pour LEISA (Low External Input ans Sustainable Agriculture), une ONG qui militait pour la culture organique. Elle publiait un journal en Tamil, dont j’étais le rédacteur en chef. J’y ai acquis une grande partie de mon savoir dans le domaine de l’agriculture biologique. Depuis 2004, je travaille pour Jasual (Join Action for Sustainable Livelyhood). On s’intéresse principalement aux problèmes de l’eau. L’eau est une ressource naturelle, nous ne devrions donc pas payer pour l’utiliser. Il n’est pas normal que des entreprises privées cherchent à la commercialiser. |
J’ai acquis des connaissances pointues en agriculture biologique en travaillant pour LEISA. Dans le cadre de ce projet, je les mets en pratique ! J’interviens dans la mise en place du champ de démonstration et je dispense des formations théoriques et pratiques aux paysans du programme tous les mardis matins. Ces séances de formations ont un double enjeu : apprendre les techniques aux paysans et leur prouver qu’elles sont efficaces ! |
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De plus en plus de fermiers se rendent compte des méfais de la révolution verte et cherchent à revenir à une culture biologique. La plupart essayent le bio mais continuent en même temps l’intensif. Ils veulent être vraiment sûrs avant de s’engager à 100 %. Avant, toute la communication du gouvernement était axée sur une culture intensive. Aujourd’hui ils en reviennent ! Un jour peut être, les paysans seront subventionnés pour se remettre au bio ? |
Non, car les ONG indiennes ne sont pas assez puissantes pour changer la structure sociale indienne. Les politiciens restent corrompus et les ressources naturelles sont toujours sous contrôle des entreprises multinationales. La terre, l’air, l’eau, tout est pollué aujourd’hui et les habitants des campagnes sont les premiers à en souffrir. |
Quels sont vos espoirs ?
La jeunesse ! De plus en plus de jeunes veulent changer les choses et rêvent de bâtir une société plus démocratique. Dans 20 ans, il y aura un changement, on se subira plus le dictat des multinationales.
ZOOM : A l’école du bio, TRD donne aux fermiers la clef des champs
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« L’agriculture biologique pourra-t-elle redonner à nos terres sa fertilité ? » se demande Ranjar, paysan engagé comme 100 autres dans la Farmer Field School (FFS). A travers ce programme de formation, TRD veut leur prouver que cela est possible. Chaque semaine, Ranjar retrouve son groupe pour suivre l’évolution d’une parcelle cultivée biologiquement. Prélèvement d‘échantillons, observations et analyses se font par groupe de trente sous l’œil expert de Nathran. Depuis un an, Ranjar a déjà converti la moitié de ses terres en bio. Après 20 ans d’utilisation de produits chimiques, il se donne 5 ans pour convertir toutes ses cultures. |
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posté par L'equipe dynamos'olidaire le 18/03/2010
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