Nepal, Meghauli, Clinic Nepal – La santé, et bien plus encore


Un couple de Britanniques intrépides se promène et se perd en 1987 dans la jungle du parc national Chitwan, à l’ouest du Népal. Même perdus, la chance est de leur côté : ils tombent sur Hari Bandhary, un jeune scout du village de Meghauli, qui passait par là. Hari les invite à venir dormir chez ses parents. Nourris et reposés, Beryl et Peter Shore repartent le lendemain. Hari ne leur demande rien, sinon de pouvoir leur écrire. Ils entretiendront une correspondance pendant des années, jusqu’au jour où, en 1996, Hari leur explique dans une de ses lettres qu’il voudrait créer une clinique pour les gens de son village qui ne peuvent se rendre à l’hôpital, situé à quelques kilomètres. Le couple d’Anglais n’hésite pas. Ils aident financièrement Hari à lancer son projet, d’autant qu’il n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’il a déjà monté une clinique à Katmandou en 1992.

Aujourd’hui, Hari passe plusieurs mois par an en Europe pour trouver de nouveaux financeurs pour les programmes de développement qu’il soutient dans cette clinique, devenue bien plus qu’un hôpital de campagne.


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DYNAMIQUE :
Eduquer avant de soigner

LUMIERE SUR :
Singh Kuwar, manager de la clinique :
« Des gens du monde entier nous font confiance, cela prouve que notre travail est reconnu. »

Une fillette actionne une pompe à eau posée sur une dalle en béton. Nous en boirions bien, mais est-elle potable ? « Oui », nous répond Singh Kuwar, directeur de la clinique et bras droit de Hari Bhandary. La clinique est née suite au constat que les habitants n’avaient pas les moyens de se rendre à l’hôpital quand ils étaient malades... lire la suite

Après une journée à visiter la clinique et découvrir ses activités, nous prenons le thé avec Singh Kuwar, « le relais local » du créateur de Clinic Népal, Hari Bandhary... lire l'interview

ZOOM :
Le sponsoring de la formation des habitants

Le principe est simple : une famille des pays du Nord finance tout ou partie de la scolarité ou de la formation d’un habitant de Meghauli ou de ses environs...lire la suite

DYNAMIQUE :Eduquer avant de soigner

Une fillette actionne une pompe à eau posée sur une dalle en béton. Nous en boirions bien, mais est-elle potable ? « Oui », nous répond Singh Kuwar, directeur de la clinique et bras droit de Hari Bhandary.

La clinique est née suite au constat que les habitants n’avaient pas les moyens de se rendre à l’hôpital quand ils étaient malades. Les conditions d’hygiène étaient de plus déplorables : pas de toilettes, des puits très peu profonds, une population non éduquée aux gestes simples d’hygiène… A l’ouverture de la clinique, 30% des patients souffraient d’une maladie due à la mauvaise qualité de l’eau. « Certains vivaient avec les symptômes depuis des années », nous dit Singh Kuwar.


A l’entrée de la clinique ce panneau affiche toutes les activités que Clinic Nepal met en œuvre.

Aujourd’hui, on y trouve des équipements pour les premiers soins. Des médecins de la ville de Narayangath viennent à tour de rôle assurer des permanences et des équipes mobiles vont dans les hameaux reculés une fois par mois. Les soins sont gratuits pour les plus pauvres. Clinic Nepal a également installé des pompes et des latrines dans tous les foyers et Meghauli est aujourd’hui un des premiers villages du Népal à avoir un système d’assainissement qui couvre toute les habitations, ce qui a permis de baisser à 13% le pourcentage des maladies liées à l’eau.

Des stages de sensibilisation sont également organisés, pour « prévenir c’est mieux guérir », selon les mots de Singh Kuwar. Clinic Nepal met également l’accent sur l’éducation. Trois jardins d’enfants accueillent les enfants des familles les plus pauvres. Ils y apprennent les rudiments de l’hygiène et reçoivent un repas équilibré le midi. Plus âgés, les enfants peuvent ensuite obtenir une des bourses allouées par la clinique pour payer les frais d’entrée aux écoles et lycées, souvent privés au Népal. Plus de 100 jeunes de la région, sélectionnés sur des critères de niveau de vie, de résultats scolaires et de motivation ont déjà bénéficié de ce programme. Ils s’engagent en retour à aider d’autres jeunes une fois diplômés.

Le jour de leur rencontre il y a 22 ans, Hari Bandhary et Beryl et Peter se doutaient-ils que tant de choses allaient changer à Meghauli ? En plus d’une clinique, des toilettes et des jardins d’enfants, Clinic Nepal a aussi permis une réelle prise de conscience de la population dans le village.

LUMIERE SUR Singh Kuwar, manager de la clinique :
« Des gens du monde entier nous font confiance, cela prouve que notre travail est reconnu. »



Singh Kuwar, directeur de la clinique

Comment avez-vous connu Clinic Nepal et comment en êtes-vous devenu le manager ?

Je suis né à Meghauli au début des années 1970, comme Hari Bandhary et nous avons toujours été proches. Avant la création de la clinique, j’ai été professeur de sciences puis j’ai passé une licence de sciences humaines. Je suis ensuite revenu à Meghauli pour enseigner dans une école privée. Au bout d’un an et demi, en 1997, j’ai voulu me diriger vers quelque chose de plus social. Hari m’a parlé de la clinique qu’il avait créée 6 mois plus tôt. J’ai tout de suite adhéré au projet. Je suis devenu le manager, en quelque sorte le relais local d’Hari qui est souvent en déplacement.

Quel est votre rôle dans le projet ?

C’est difficile à résumer… La clinique est une petite structure mais elle a de nombreuses facettes. Nous avons un cabinet dentaire, un laboratoire d’analyse, une pharmacie et même un bloc opératoire pour les petites interventions. Une fois par mois, nous organisons aussi un camp mobile qui se déplace dans les villages reculés et prodigue les soins gratuitement. Cela permet de traiter des personnes qui souvent ignorent leur maladie et ne peuvent pas payer ou se déplacer. Nous possédons également une ambulance qui, pour les cas trop graves, emmène les patients directement à l’hôpital. Je m’occupe de toute l’organisation de ces services. Le personnel par exemple : nous n’avons pas de médecin permanent, je dois donc organiser la présence des médecins de la ville, qui se déplacent pour assurer les soins plusieurs fois par semaine, et des volontaires étrangers, qui quelques fois viennent nous aider.

Quelles sont les plus grosses difficultés de Clinic Nepal ?

Je dirai que le plus dur est de contenter tout le monde. Les gens attendent toujours plus. La gratuité des soins par exemple : tout le monde souhaite en bénéficier mais nous avons des moyens limités. Nous sommes obligés de sélectionner les personnes qui y ont droit, mais ici pas de fiches de salaire pour justifier un faible revenu. Cela créé des jalousies et je subis parfois quelques pressions.

Quel aspect de l’association vous rend le plus fier ?

Sans hésiter, c’est le fait que de plus en plus de familles des pays « riches » sponsorisent des enfants pour les études. Des gens du monde entier nous font confiance, cela prouve que notre travail est reconnu. Et ici les gens ont compris que l’éducation est quelque chose de primordial.

Quels sont les projets futurs de Clinic Nepal ?

Nous souhaitons tester un projet d’élevage de cochons dans les 6 prochains mois. Le principe sera de former des fermiers puis de leur fournir quelques bêtes qu’ils rembourseront avec leurs futurs gains. En 6 mois, chaque cochon peut rapporter plus de 10 000 roupies sur le marché local (100 €) rien qu’avec sa viande. Mais en plus, à chaque portée, une truie peut avoir 10 à 14 porcelets. Nous cherchons, en ce moment, le fermier qui fera le premier test. Le cochon est un animal très rentable, nous croyons beaucoup en ce programme : c’est une façon pour nous d’aider les plus pauvres à créer une source de revenu…durable !

ZOOM : Le sponsoring de la formation des habitants

Le principe est simple : une famille des pays du Nord finance tout ou partie de la scolarité ou de la formation d’un habitant de Meghauli ou de ses environs. Clinic Nepal se charge de sélectionner les postulants et de les suivre pendant leur formation.

Chacun des 103 étudiants actuellement sponsorisé a du remplir un formulaire expliquant ses motivations. Un étudiant par exemple a mené des études d’infirmier. En retour, il s’est engagé à aider sa famille et à enseigner bénévolement pendant quelques années. Une autre fois, une femme s’est présentée pour demander le financement des études de ses deux enfants. Clinic Nepal a alors préféré l’aider à suivre une formation de sage femme pendant quatre ans, et elle a ainsi pu subvenir elle-même aux frais de scolarité de toute sa famille !



Ces enfants de Meghauli deviendront peut-être professeur, ingénieur ou infirmier, et aideront alors à leur tour une personne de leur village.



posté par L'equipe dynamos'olidaire le 10/01/2010


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( photo 1 / 23 )

Le village de Meghauli est perdu au fond de la brousse, à 30 km de piste de la petite ville de Narayangath, à la lisière du parc naturel du Chitwan. On y trouve des bêtes aussi sympathiques que des tigres, serpents, rhinoceros et… des éléphants !



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