Vietnam, Hanoi Le commando de l’aromatique dans la jungle vietnamienne


Patchouli, Mélisse des pagodes, Menthe, Bois de padouk… Laurent Séverac travaille dans son atelier à Hanoï, et conçoit les « formulations » de ses huiles essentielles, parfums et liqueurs « naturelles ». Provençal d’origine, il travaille depuis 18 ans avec les ethnies de la jungle vietnamienne et laotienne, avec qui il cherche, trouve et cultive biologiquement, les espèces végétales qui serviront à ses compositions. Portrait d’un entrepreneur « qui n’est pas l’Abbé Pierre, mais qui a une conscience ».


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DYNAMIQUE :
« Je bosse avec des gens qui s’aident, des Vietnamiens, des minorités… Peu importe, on bosse. »

LUMIERE SUR :
Laurent Séverac - « Ma plus grande fierté ? Tout faire en naturel de la matière première au produit fini»

Le fournisseur principal de Laurent ? La jungle vietnamienne et laotienne, dans laquelle il passe du temps à chercher des senteurs et à discuter avec les ethnies locales... lire la suite

Un français au franc-parler qui s’est expatrie au Vietnam pour monter sa boite. Passionne de botanique, en travaillant dans la continuité des ONG, il a pu créer sa gamme de senteur totalement naturellement… lire l'interview

ZOOM :
L’aromathérapie, la médecine originelle et originale

Laurent veut créer sa gamme d’aromathérapie car il a souvent pu vérifier son efficacité. Elles contiennent de nombreuses molécules actives qui agissent en surface ou en profondeur sur notre santé et notre bien-être...lire la suite

DYNAMIQUE : « Je bosse avec des gens qui s’aident, des Vietnamiens, des minorités… Peu importe, on bosse. »

Le fournisseur principal de Laurent ? La jungle vietnamienne et laotienne, dans laquelle il passe du temps à chercher des senteurs et à discuter avec les ethnies locales, « parce qu’elles savent ce qui sent bon ». Depuis 18 ans dans la profession, il a mis au point un millier d’huiles essentielles.

Laurent contrôle toute la « chaîne de production » de ses parfums, huiles essentielles et liqueurs. Il achète certaines plantes à des villages vietnamiens « en envoyant un copain viet qui fait le collecteur sinon ça ne marche pas » et en fait cultiver d’autres dans une plantation à 200 km au Sud d’Hanoï, employant ainsi 15 personnes. Il y a installé des alambics pour distiller sur place la récolte. Enfin, il élabore son produit final, sa « formulation », directement chez lui dans une pièce remplie de flacons de toute sorte.


Karl, le buffle de la plantation de Laurent

Son entreprise a réellement démarré en 1993. A l’époque, une ONG faisait des essais sur des terres avec des paysans locaux pour augmenter la production de riz. L’organisation cherchait alors à cultiver des produits à plus haute valeur ajoutée. Intéressé, Laurent a engagé les paysans pour cultiver ses huiles essentielles. En apportant une source de revenu durable à ces travailleurs locaux, il a assuré une continuité au projet de l’ONG qui ne devait durer que quelques années. Et de son coté, il tire aussi un profit : « l’ONG a permis d’identifier et de former des travailleurs sérieux et de qualité.»

Sa plantation n’a pas de label bio : « Je produisais du bio dans une plantation du nord du pays, mais il fallait payer tous les ans 10 000 dollars et ça demandait des paperasses administratives incroyables, un dossier par famille : trop compliqué.» En fait, Laurent est bio en conscience : « Sois bio et bouge toi ! », nous dit-il. Il fabrique son compost, fait arracher les mauvaises herbes à la main au lieu d’utiliser des herbicides et a acheté à prix d’or Karl, son buffle, qui remplace le tracteur.

Laurent n’a pas pour autant la vocation d’une ONG : il fait avant tout ce qui lui plait, conçoit des produits naturels de qualité pour que son business tourne. Comme il dit «Je bosse avec des gens qui s’aident, des Vietnamiens, des minorités… Peu importe, on bosse. »

LUMIERE SUR Laurent Séverac - « Ma plus grande fierté ? Tout faire en naturel de la matière première au produit fini»


Tu as quitté la France il y a 25 ans pour l’Asie. Pourquoi le Vietnam et l’Asie du Sud-Est ?

J’ai toujours été attiré par l’Asie pour sa végétation, la bouffe, les femmes aussi. Je suis d’une famille où on aime bien manger, attention de la bonne bouffe de qualité. Je suis un amateur de cuisine et de bon vin : j’ai une cave depuis mes 18 ans. Quand ma mère m’envoie 10 photos, y’en a 8 où on les voit à table… J’aime la qualité et j’ai le souci du beau. Aujourd’hui je veux développer mon commerce ici pour faire mes propres produits 100% naturels, échappant ainsi aux contraintes des normes européennes. En France, l’aseptisation de la cosmétique pousse à mettre des conservateurs dans tous les parfums, ça devient n’importe quoi !

En travaillant ici, quelles sont tes contraintes et tes difficultés ?

Je travaille beaucoup avec des minorités ethniques du Vietnam. Le problème c’est leur « abnégation » au travail. Par exemple on crée en ce moment sur un projet de packaging, une petite boite en carton pour emballer les flacons de parfums qui seront distribués dans un mariage qui aura lieu mi-novembre. J’en ai commandé 2 500 en leur disant « il me les faut le plus vite possible ». Ils ont compris le plus vite possible, à leur rythme, pour… février ! Quand on va chez eux, on se retrouve toujours autour d’une bonne bouteille. Vous voyez cette boite, je pourrais la faire chez un imprimeur d’Hanoi pour moins cher, mais le produit me plait, je travaille avec des gens qui me plaisent et tout est naturel, c’est la continuité de mes huiles essentielles. Je m’entoure d’une petite équipe presque familiale.

Au départ tu as travaillé avec des ONG. Quelle est ta vision du développement ?

Pour cette même boite, c’est une ONG japonaise qui a lancé le projet. Une ONG ne reste jamais longtemps, elle est là pour 3 ou 6 ans et elle doit former les gens pour que ça continue après elle. Ce sont d’abord les Vietnamiens mais aussi les petits artisans comme moi qui reprennent la suite dans la durée. Pour faire une huile essentielle, tu vas chez un paysan il te montre une plante avec laquelle se parfumait sa grand-mère par exemple. Ensuite il y a deux façons de faire. Tu peux faire comme Nicolas Hulot pour son gel douche. Ils ont une machine qui capte l’odeur d’une plante et la synthétise par ordinateur, ensuite ils brevètent la molécule et la reproduisent avec des produits chimiques, du pétrole. Et là ils peuvent dire qu’ils ne touchent pas à la nature. Ou bien tu proposes à ce village d’en produire eux-mêmes et tu installes un alambic chez eux. Soit, il faut du pétrole pour faire tourner le bruleur, mais on revient à l’Homme, et les personnes chez qui tu as pris l’odeur y gagne.

De quoi es tu le plus fier, de faire travailler les minorités ?

Non, je ne suis l’Abbé Pierre ! Ce dont je suis le plus fier, c’est de tout faire en naturel, de la matière première au produit fini. Je ne m’appelle pas encore parfumeur mais ça fait deux ans que je me mets à la parfumerie fine et je vais m’approcher tout doucement de produits exceptionnels dont je contrôle l’approvisionnement végétal, jusqu’à la conception finale.

ZOOM : L’aromathérapie, la médecine originelle et originale

Laurent veut créer sa gamme d’aromathérapie car il a souvent pu vérifier son efficacité. Elles contiennent de nombreuses molécules actives qui agissent en surface ou en profondeur sur notre santé et notre bien-être. Les huiles essentielles permettent de concentrer ces molécules. Quelques gouttes suffisent pour une bonne relaxation ou soigner toutes sorte de troubles (infections, champignons, bactéries, douleurs articulaires, asthmes, etc.)

Quelques exemples ? La toux du père de Laurent, asthmatique, qui persistait depuis 3 ans malgré la cortisone, a disparu en 2 jours. Le Patchouli traite les infections et a soigné les hémorroïdes d’une de ses amies en une semaine. Récemment, il a même stoppé une rage de dent avec une formule de sa composition.



Etalage des huiles essentielles dans le laboratoire de Laurent



posté par L'equipe DynamoS'Olidaire le 23/12/2009


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Une bonne odeur de parfum nous accueille chez Laurent. Nous comprenons d’où cela vient lorsque nous entrons dans son salon. Tous ses produits sont installés sur une grande table.



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Commentaires


Aziliz, le 29/06/2014 à 03:46
Bonjour, j habite au Vietnam. Mes huiles essentielles sont terminees et j'aimerais en acheter de nouveau. Où se trouve la boutique de Laurent svp?

vidil justine , le 12/10/2013 à 13:18
Bonjour, serait-il possible d'avoir l'adresse de sa boutique au Vietnam ? Merci beaucoup

TESS, le 12/12/2011 à 09:32
Bonjour, Je viens de regarder le reportage sur ARTE et cela m'encourage à utiliser les huiles essentielles. J'ai fait une formation d'aromathérapie et depuis je suis impressionnée par le pouvoir des huiles. J'admire ce que fait Laurent, sa passion, son amour de l'humain et de son environnement. Bravo. J'espère un jour rencontrer Laurent pour apprendre davantage. Amitiés sincères

Tom , le 07/04/2010 à 16:30
Laurent ne vend ses produits qu'au Vietnam car il veut rester dans la filière locale. En ce qui concerne l'Europe, nous ne pourrons jamais profiter de ces formulation car certains produits naturels qu'il utilise sont interdits a cause de leur potentiel allergènes. Génération aseptisée ???

Céline, le 14/01/2010 à 13:42
ça ça me plaît vachement ! Je me demande encore ce que j'aurai envie d'étudier après le shiatsu...ça pourrait être sur ma liste ! J'aime bien l'esprit de cet homme : bio, local, travail, simplicité, et ça tourne. Est-ce qu'il vend ses produits au Vietnam ou ailleurs ?

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