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« Je désire travailler à petite échelle, pour que les retombées du tourisme profitent le plus possible aux habitants. »
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Faire de l’écotourisme haut de gamme pour permettre aux habitants de Mutianyu, un des sites les plus visités de la Grande Muraille, de profiter des retombées touristiques : c’est le pari de Jim... lire la suite |
En 5 ans c’est fou ce qu’a réussi à mettre en place Jim Spear ! Parcours, motivation, difficultés, réussites, nous avons
voulu en savoir plus sur cet Américain qui met son énergie et son efficacité à contribution... |
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ZOOM : |
Audrey, étudiante en master développement durable en France, est en stage
de fin d’étude chez Schoolhouse...lire la suite
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DYNAMIQUE : Donner l’envie aux touristes de rester plus longtemps
Faire de l’écotourisme haut de gamme pour permettre aux habitants de Mutianyu, un des sites les plus visités de la Grande Muraille, de profiter des retombées touristiques : c’est le pari de Jim. Le plus souvent, les touristes montent sur la muraille, prennent quelques photos et repartent aussi vite. Au pied du mur, ils sont nombreux à vendre des souvenirs sur des stands, mais c’est un commerce peu rentable. Les touristes achètent peu et repartent sans même prendre un repas sur place.
Le projet d’écotourisme Schoolhouse est né de cette idée : donner l’envie aux touristes de rester plus longtemps dans la région et permettre aux habitants de mieux vivre de leur patrimoine. Jim connait Mutianyu depuis une vingtaine d’ année. C’est en 2004 qu’il décide de lancer son projet, poussé par le maire du village, qui voit sa population quitter le village pour trouver du travail ailleurs. Le premier restaurant a été construit dans l’ancienne école, désertée par les enfants.
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Jim dirige aujourd’hui trois restaurants. Il a rénové et designé lui-même une vingtaine de maisons. Onze d’entre elles sont en location pour la clientèle aisée des touristes de passage, Pékinois ou étrangers. Schoolhouse cherche à promouvoir la culture locale : les habitations ont été rénovées de manière à préserver l’architecture de la région, des peintures d’artistes locaux sont mises en valeur dans les différents espaces et une salle du restaurant est dédiée à la vente de verrerie artisanale. Le restaurant sert des produits bios cultivés dans le potager situé à proximité, même si on y sert aussi du soda et du café importés, mais indispensables pour satisfaire tout de même la clientèle, selon Jim. Il développe également la vente de produits du commerce équitable, ou encore les achats en circuits courts auprès des fermiers locaux. |
Jim gagne de l’argent, mais il s’évertue à ce que chaque dollar investit ait des retombées directes dans le village.
En 5 ans, il a déjà investi 8 millions de dollar et fait travailler 300 personnes à travers de nombreux sous-traitants : un
investissement entièrement local. Presque tous ses collaborateurs sont de la région. Beaucoup ont amélioré leur condition de
vie, ils ont ainsi pu envoyer leurs enfants à l’université ou rénover leur maison.
Ce chef d’entreprise a parfaitement conscience du rôle qu’il a dans le développement de Mutianyu :
« Mon but n’est pas que d’être un exemple, de montrer qu’il était possible de faire de l’argent à petite échelle et de
m’en aller. Je veux rester ici ».
LUMIERE SUR Jim Spear : « Je veux donner du travail aux gens près de chez eux »
En 5 ans c’est fou ce qu’a réussi à mettre en place Jim Spear ! Parcours, motivation, difficultés, réussites, nous avons voulu en savoir plus sur cet Américain qui met son énergie et son efficacité à contribution.
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Je suis arrivé en Chine il y a très longtemps, durant les années 70, dans le cadre de mes études. Je ne l’ai plus jamais quittée ! Il y a encore quelques années, je travaillais comme manager pour une entreprise américaine. Et j’ai fait ce qu’on appelle « une crise de milieu de vie » : j’ai plaqué mon boulot du jour au lendemain, et je me suis retrouvé sans emploi, avec deux enfants étudiants. Et les frais d’université aux Etats-Unis, c’est cher ! |
Et donc pourquoi Mutianyu, pourquoi Schoolhouse ?
Il y a 20 ans, je visitais en simple touriste le site de Mutianyu. Alors qu’un vendeur de T-shirt m’abordait pour me vendre sa marchandise, je lui ai acheté une maison ! Je l’ai par la suite appelée Grandma’s place. Aujourd’hui ce vendeur ambulant est devenu un proche collaborateur. Je suis ensuite revenu plusieurs fois sur le site. Il y a 5 ans, le maire du village m’ aborde et me dit : « Regarde, on vit une période très dure. Il n’y a pas de boulot, les jeunes désertent, on ne peut pas continuer comme cela. Tu es un riche Américain, tu as eu toutes les chances, ne pourrais-tu faire quelque chose en retour ? ». Je me suis décidé très vite, j’ai fait un prêt à long terme et j’ai acheté cette ancienne école abandonnée. J’ai investi tout seul avec ma femme et sans business plan, je me suis lancé dans l’aventure Schoolhouse.
Quelle est donc votre motivation aujourd’hui à travers
Schoolhouse ?
Les conditions de vie dans les campagnes sont très dures. Les jeunes sont attirés par les modernités de la ville. Tout le monde veut la télévision, l’électricité, le confort. Mon pays est le plus riche pays du monde. On ne peut pas dire aux Chinois « Nous sommes riches et vous devriez rester pauvres ». Les jeunes s’en vont des campagnes parce qu’ils ne peuvent pas avoir les mêmes services qu’en ville, qu’ils n’ont pas de travail, que leur niveau de vie est beaucoup plus bas. Ce que je veux c’est moderniser les campagnes et donner du travail aux gens près de leur lieu d’habitation. Mais pour cela mon business doit être rentable. S’il n’est pas rentable, il ne peut être durable.
Le parcours du projet Schoolhouse a du être semé d’
embûches. Quelles ont été les principales ?
Tous les capitaux de départ ont été investis par ma femme et moi. On a donc pris un certain risque, d’autant que comme je vous l’ai dit, nous n’avions pas de business plan. Et ce n’est pas facile de monter un business rentable à une si petite échelle. C’est novateur et très compliqué de faire du profit ! Mais je travaille dur et beaucoup, j’apprends tous les jours. Il a aussi été très compliqué de recruter du personnel compétent dans les environs. On est allé voir les autorités locales qui ont diffusé l’information. On a aussi formé les habitants du village à certains emplois. Ils sont maintenant membres du personnel de la Schoolhouse.
Votre projet marche et c’est un peu un modèle du genre.
Quels sont vos projets futurs ?
J’ai projet de construire deux nouveaux hôtels. Je cherche aussi maintenant à développer un réel tourisme à l’ombre de la grande muraille. Audrey par exemple travaille à l’édition d’un guide de balade à vélo dans la région !
ZOOM : Audrey, une stagiaire à bicyclette
Audrey, étudiante en master développement durable en France, est en stage de fin d’étude chez Schoolhouse.
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Son objectif ? Editer un guide touristique des balades à vélo aux alentours de Mutianyu et mettre en place un programme de
sensibilisation au développement durable. |
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posté par l'équipe DynamOS'Olidaire le 26/09/2009
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