Chine : Pékin ?plein poumon? la capitale chinoise ne manque pas d'air


500000 nouvelles voitures cette année ! Il y a quatre fois plus de voitures en 2009 qu’en 1997 ?Pékin. Avec une telle croissance de son parc automobile, la capitale chinoise se voit obligée de mener une politique forte pour contrôler la qualit?de son air. En 2008, pour les Jeux Olympiques, les autorités ont mis en place un système de circulation alternée et stopp?les usines pour permettre le bon déroulement des épreuves. Comment Pékin va-t-elle ?long terme concilier croissance et bonne qualit?de l’air ? Nous avons rencontr?un ingénieur et une doctorante qui mesurent la qualit?de l’air dans la capitale. Ils nous livrent leurs points de vue d’experts.


Agrandir le plan

DYNAMIQUE :
l’air de rien, Pékin s’en occupe !

ZOOM :
Quelles particules mesure-t-on ?

Comment concilier en Chine croissance économique et qualit?de l’air ? A Pékin, les deux experts que nous avons rencontrés considèrent la voiture comme l’une des principales sources de pollution dans l’air de la capitale. Et pourtant…« On ne peut pas encourager les gens ?ne pas acheter de voiture, car nous avons aussi des considérations économiques ! ? nous dit Tina... lire la suite

Deux types de polluants sont analysées : celles issues des industries comme le dioxyde de souffre (SO2) et les particules fines en suspension (PM 10) et des gaz issues du trafic automobile comme le dioxyde d’azote (NO2), l’oxyde de carbone (CO) et l’ozone (O3). lire la suite

DYNAMIQUE : l’air de rien, Pékin s’en occupe !

Comment concilier en Chine croissance économique et qualit?de l’air ? A Pékin, les deux experts que nous avons rencontrés considèrent la voiture comme l’une des principales sources de pollution dans l’air de la capitale. Et pourtant?i>?On ne peut pas encourager les gens ?ne pas acheter de voiture, car nous avons aussi des considérations économiques ! ?/i>, nous dit Tina. L’équation semble insolvable?br>
Wang Tina a 25 ans, elle vient de finir sa thèse. Son objectif : évaluer l’impact du trafic sur la sant?humaine. Son étude a port?sur une vingtaine de rues ?proximit?du centre, o?se concentre l’essentiel de la population de la capitale. Cela fait une trentaine d’années que Pékin a commenc??mesurer la qualit?de l’air en ville. Shen* est ingénieur. Il analyse quotidiennement les données** récoltées par les quelques 27 stations implantées dans la ville.


Au quotidien, quatre niveaux d’alerte sont définis en fonction du taux de pollution, le niveau 4 n’est atteint qu’une dizaine de jours par an. Mais Shen reconnaît que ces niveaux d’alerte sont très ambigus, ?ils sont plus tolérants que les niveaux d’alerte américains, c'est-?dire qu’il faut un taux de polluant plus élev?pour passer au niveau supérieur ?/i>.

Selon Tina et Shen, tous les différents polluants (voir zoom) ont tendance ?diminuer surtout le soufre émis par les usines ?charbon. Vis-?vis des usines polluantes, le gouvernement local adopte une politique de délocalisation vers la périphérie, dans un rayon de 100 km autour de Pékin. ?On déconcentre ainsi la pollution du centre ville on faisant attention ?ne pas la concentrer trop dans les campagnes ?/i> (shen).

Pour réduire la pollution automobile, le gouvernement joue sur plusieurs leviers, ?commencer par le transport public. Depuis 2004, huit nouvelles lignes de métro on ét?construites. Des nombreux couloirs reservés aux bus, des pistes cyclables aussi larges que les autres voies : une place importante est laissée aux autres transports (vélos, scooters électriques?. Mais face aux 1700 voitures neuves vendues chaque jour, il faut compter avec l’automobile.

?Les émissions des voitures sont contrôlées chaque année. On cherche ?éliminer les voitures les plus polluantes en jouant par exemple sur le prix des assurances, ou en leur interdisant l’accès au centre-ville ?/i>, selon Shen.

Pendant les jeux olympiques, la ville a mis en place un système de circulation alternée. Chaque voiture ne peut rouler que les jours pairs ou impairs, selon son immatriculation. Mais pour Tina cette politique se révèle moyennement efficace. Alors que la circulation devrait baisser de 50% avec une telle mesure, elle ne baisse en vérit?que de 30%, d’après ses relevés. La circulation alternée ne règle donc pas tout. De plus, quand le nombre de voitures baisse de 30% la concentration de polluants ne baisse que de 14 ?26%, selon le polluant considér? Les voitures ne sont donc pas les seules sources de pollution.


La circulation alternée a ét?poursuivie par la suite de façon allégée, chaque véhicule n’étant autoris??circuler qu’un jour sur cinq en semaine. Mais pour contourner la règle, les gens utilisent plus leur voiture les jours o?ils peuvent ou utilisent leur deuxième voiture.

Grâce aux JO, Pékin s’est imposée des normes drastiques et a pris un temps d’avance sur les autres villes chinoises, elle se fixait déj?les objectifs européens de pollution depuis 1999. Dans toutes les villes chinoises que nous avons traversées, nous avons ét?frappés par le modernisme des constructions, tout semble récent. Gageons que la capacit?des chinois ?se renouveler aussi rapidement dans bien des domaines permette ?la capitale de retrouver un air de qualit?


*Shen n’est pas son vrai prénom, cet ingénieur qui travaille pour une agence gouvernementale souhaite garder l’anonymat.
**Les chiffres cités ici sont donnés sous couvert de la relecture d’un chercheur françaisdu CNRS, Benjamin Guinot.

ZOOM : Quelles particules mesure-t-on ?

Deux types de polluants sont analysées* : celles issues des industries comme le dioxyde de souffre (SO2) et les particules fines en suspension (PM 10) et des gaz issues du trafic automobile comme le dioxyde d’azote (NO2), l’oxyde de carbone (CO) et l’ozone (O3).

L’information au grand public s’est beaucoup améliorée depuis 30 ans : Aujourd’hui, les pouvoirs publics publient en continu, 24 h sur 24 les relevés atmosphériques.

Bilan de 30 ans de mesure ? Le dioxyde de soufre a considérablement chut?et les particules en suspension ont diminu?de 20 %, résultats d’une campagne rigoureuse de dispersion des usines de charbon. Les polluants issus du trafic sont en légère diminution : «considérant chaque année 500 000 voitures de plus dans la capitale, c’est déj?un beau résultat !?nous dit Shen.


Indicateur de trafic ?Pékin directement installés sur les voies de circulation



posté par l'équipe DynamOS'Olidaire le 25/03/2009


[Commentaires (0)] [Ajouter un commentaire] [Revenir à la carte des reportages]

Chine : Pékin ?plein poumon? la capitale chinoise ne manque pas d'air en photos



Photo suivante

( photo 1 / 8 )

Indicateur de trafic à Pékin directement installés sur les voies de circulation. Comme en France, le vert correspond à un trafic fluide, le orange à une densité un peu plus importante et le rouge à des embouteillages.



[Commentaires (0)] [Ajouter un commentaire] [Revenir à la carte des reportages]

Commentaires


pas encore de commentaire


www.dynamosolidaire.fr | Accueil | Projet | Partenaires | Soutien | Nous suivre | Blog | Contacts | © Copyright DynamoS'olidaire 2008