Mongolie : les steppes redécouvrent l'échalote!



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Faire d’un parapluie un abat-jour ? Amgalan Bayar, jeune mongole de 31 ans qui vit en France depuis 6 ans avec sa femme Audrey, en a fait son crédo. En parallèle d’une entreprise d’éco tourisme en Mongolie, il a monté un petit projet de culture d’échalote biologique à destination des populations rurales mongoles, le tout depuis la France ! Nous les avons rencontré en juillet dernier alors qu’ils découvraient les plants d’échalotes que leur projet avait permis de faire pousser…

DYNAMIQUE :
On fait des petites choses que l’on peut continuer

LUMIERE SUR :
Amgalan et Audrey « D'un parapluie nous faisons un abat-jour...

Les premières échalotes poussent ! Amgalan et Audrey sont contents : après un an et demi d’effort leur petit projet voit le jour. Cinq familles de Bornuur (petit village perdu au milieu des steppes, à 100 km d’Oulan Bator) cultivent depuis mai dernier leur parcelle d’échalotes... lire la suite

Son métier et sa famille en Mongolie, sa femme et ses études en France, Amgalan a trouvé le moyen de fédérer ses proches autour d'un projet : l'association Ayan Mongolie, ou « comment faire pousser des échalotes dans la steppe »... lire la suite

ZOOM :
Et l’échalote alors, pourquoi la cultiver ?

Amgalan n’a pas choisi de mettre en place la culture d’échalote par hasard. Ce choix a été stratégique et particulièrement bien adapté au contexte local...lire la suite

DYNAMIQUE : On fait des petites choses que l’on peut continuer

Les premières échalotes poussent ! Amgalan et Audrey sont contents : après un an et demi d’effort leur petit projet voit le jour. Cinq familles de Bornuur (petit village perdu au milieu des steppes, à 100 km d’Oulan Bator) cultivent depuis mai dernier leur parcelle d’échalotes dans un champ d’un demi hectare. En septembre c’est la première récolte et bientôt la première vente ! Un renouveau dans cette région qui était encore il y a quelques années une des grandes plaines maraîchères de Mongolie…

« Les conditions de travail ont été particulièrement difficiles pour les paysans ces 20 dernières années et ce pour deux raisons principales » nous explique Amgalan. « Une sécheresse accrue et la période de flou qui a suivi la chute du communisme en 1990 : Les kolkozes* n’existant plus, chacun a planté des barrières où il le souhaitait et seuls quelques-uns en ont profité… mais ils n’avaient pas forcément le savoir-faire en agriculture. » Cela conduit à un exode rural massif : les paysans mongols viennent gonfler les banlieues d’Oulan Bator.


Un des objectifs du projet est de promouvoir le maraîchage pour apporter une source de revenu complémentaire aux familles et les inciter à rester à la campagne. Le site de Bornuur n’est d’ailleurs pas choisi au hasard: à 100 km seulement de la capitale du pays, l’exode rural y est particulièrement virulent. Grâce à son projet d'échalotes, Amgalan a transformé ce risque en opportunité : proximité de la grande ville aidant, les familles pourront vendre le produit de leur récolte sur les marchés d’Oulan Bator.

Pour monter ce projet depuis la France, Amgalan s’est bien entouré. Toute sa famille proche s’est lancée avec lui dans l’aventure : Audrey sa femme, Chantal sa belle mère et Amarsanaa sa sœur qui est ingénieur agronome. Cette dernière a été une aide précieuse en tant que relais local avec notamment le propriétaire du champ et Madame Galzy, l'ancienne maire du village qui a aidé aux choix des familles prenant part au projet.

Si le projet n’en est qu’à ses débuts, il semble bien parti : la récolte promet d’être très bonne et les familles sont très impliquées. De plus, Amgalan et sa femme ont des idées d’avance et comptent bien les mettre en place, car comme le résume Audrey : « On fait des petites choses que l’on peut continuer ».

Pour en savoir plus :
www.ayan-mongolie.org
www.manuul.com

LUMIERE SUR Amgalan et Audrey « D'un parapluie nous faisons un abat-jour... »

Son métier et sa famille en Mongolie, sa femme et ses études en France, Amgalan a trouvé le moyen de fédérer ses proches autour d'un projet : l'association Ayan Mongolie, ou « comment faire pousser des échalotes dans la steppe »...


Ce projet c'est le projet d'une bande de copains...

Audrey :
Ma mère voulait créer depuis l'Alsace des liens entre la France et la Mongolie. Elle nous a beaucoup aidés avec la vente d'écharpes, le démarchage des adhérents... Moi je m'occupe de la partie administrative et comptable de l'asso. Nous connaissons un certain nombre d'associations qui travaillent dans le domaine de l'échange culturel, mais nous souhaitions faire autre chose, une action concrète en Mongolie.

Amgalan :
On veut que les actions d'Ayan soient tournées vers le développement rural. J'en ai parlé à ma sœur et son mari qui sont ingénieurs agronomes. Ils cultivent pour leur propre compte une parcelle que leur prête l'université d'Oulan Bator à Bornuur, et connaissaient donc M Natsagdorj, qui aujourd'hui nous prête le terrain sur lequel poussent les échalotes. Cet ancien prof d'hydrologie est aujourd'hui ravi de transmettre son savoir-faire aux familles. Il cultive l'échalote depuis plus de 20 ans et connait parfaitement les techniques.

Aujourd'hui tu vis entre la France et la Mongolie, entre tes études, ton métier, ton association... comment gères tu tes projets d'un pays à l'autre?

Amgalan :
Je suis d'abord guide accompagnateur francophone de métier, j'ai longtemps travaillé pour une agence de tourisme qui encadrait des groupes de Français en Mongolie. J'ai appris le français à l'université d'Oulan Bator puis lors de mes études en France. J'ai depuis longtemps été sensibilisé à la culture française grâce à mon père qui me faisait lire Dumas, Hugo ou Rabelais...
Je vis en France depuis 2003 où j'ai poursuivi des études d'écotourisme. Je viens d'achever mon Master à Montpellier, à la rentrée prochaine je donnerai des cours à la Fac sur les pratiques d’encadrement des touristes sur le terrain. Je suis également traducteur-interprète assermenté auprès de la cour d'appel de Montpellier.
Enfin, depuis deux ans je monte ma propre agence d'écotourisme : « Manul, sustanaible trecking », j'ai emmené mon premier groupe de jeunes au début de l'été. C'est ma belle mère qui nous a poussés à lancer les échalotes parallèlement à Manul.


Audrey :
tous ces projets on peut dire qu'il n'a pas lâché l'ordinateur de l'année!

Après deux ans de travail, quelles ont été vos difficultés et votre plus belle réussite?

Amgalan :
La communication en général est compliquée entre deux pays lointains, particulièrement avec la barrière de la langue. Pour les conventions avec les familles, ou pour la réalisation d'un film sur le projet au printemps, il faut tout traduire en Français, Mongol et Anglais, pour que tous les partenaires se comprennent. Et les appels coûtent chers!

Audrey :
Mais quelle satisfaction de les voir pousser en vrai les échalotes!

Vous avez d'autres projets pour le futur?

Audrey :
On s'efforce de commencer des projets modestes, qu'on est capable de finir. Après les échalotes on voudrait se diversifier, cultiver d'autres légumes, peut-être aider quelques autres familles. On a des projets de livres aussi : un livre de recettes mongoles ou un guide pour la culture des échalotes. Cet été nous visitons des caves, pour stocker les échalotes, cet investissement permettrait de les conserver pour les vendre à noël, quand les prix montent.

Amgalan :
Venir en Mongolie et monter ce projet parallèlement à Manul (le projet d’écotourisme) c'est une façon pour nous de faire d'une pierre deux coups, ou « faire d'un parapluie un abat-jour » comme on dit en Mongolie!

ZOOM : Et l’échalote alors, pourquoi la cultiver ?

Amgalan n’a pas choisi de mettre en place la culture d’échalote par hasard. Ce choix a été stratégique et particulièrement bien adapté au contexte local :

L’échalote est présente dans un grand nombre de plats mongols. Tout le monde achète donc son petit sachet pour agrémenter les plats dont le « butz », plat typique composé de délicieux raviolis fourrés à la viande.

L’échalote se vend relativement chère, 3,50 € le kg. Les familles se contentent de cultiver une petite parcelle et peuvent gagner de l’argent.

Enfin, la Mongolie est un pays de vents violents et l’hiver il fait particulièrement froid (-35 °C moyenne du mois de janvier) : ca tombe bien, l’échalote est adaptée pour résister à des conditions climatiques difficiles !



posté par l'équipe DynamOS'Olidaire le 25/03/2009


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Nous voici à Bornuur, à 100 km au nord d'Oulan Bator, notre 8ème reportage.



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Commentaires


paola, le 20/11/2009 à 13:39
j'ai regardé vos photos , mais je cherchais des recettes typiques de Mongolie, recettes des steppes mongoles...pour des recettes originales. j'ai rien trouvé. belles photos, et belles échalotes.

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