Chine : La Green Cow Farm, une ferme modèle en banlieue de Pékin



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Située en périphérie de la capitale chinoise, la « green cow farm » est ce qu’on appelle une « ferme modèle », respectueuse de l’environnement et rentable économiquement.

Sino-américaine d’une quarantaine d’années, Lejen Shen veut prouver aux autres petites exploitations agricoles de la banlieue de Pékin l’intérêt de sa démarche alternative qu’elle mène depuis 2004.

DYNAMIQUE :
La green cow farm, un modele a suivre

LUMIERE SUR :
Lejen Shen, créatrice et porteuse du projet « Green Cow Farm »

Ils sont une petite troupe de 6 ou 7 personnes ce matin, experts en agriculture ou futurs clients de la ferme. Ils suivent avec attention les explications de Lejen, qui leur fait découvrir les grands principes de sa ferme modèle... lire la suite

Pour Lejen, le projet « green cow farm » est un vrai travail de management, un projet à long terme qui demande un investissement de tous les jours. Lumière sur une femme qui a de la suite dans les idées... lire l'interview

ZOOM :
Un restaurant new-yorkais… en banlieue de Pékin !

! Salades, hamburgers, pizzas, sandwichs, pâtes, soupes, bagles : le menu du restaurant de Lejen offre un choix assez inhabituel pour la Chine. C’est l’une des ses fiertés...lire la suite

DYNAMIQUE : La Green cow farm, un modele a suivre !

Ils sont une petite troupe de 6 ou 7 personnes ce matin, experts en agriculture ou futurs clients de la ferme. Ils suivent avec attention les explications de Lejen, qui leur fait découvrir les grands principes de sa ferme modèle, la « green cow farm» :
« Nous respectons le bien-être des animaux, nous produisons biologiquement et nous participons à l’économie locale. »



Lejen fait visiter sa ferme. Le petit groupe de ce matin est hétéroclite : experts du domaine agricole et futurs clients.

Organiser ces visites est pour Lejen l’une des facettes de son projet, qui emploie au total 28 personnes. Cette Chinoise qui a grandi aux Etats-Unis a créé auparavant une fabrique de Bagels américains et un restaurant de spécialités new-yorkaises. Elle a conçu son exploitation agricole biologique pour garantir l’approvisionnement du restaurant en nourriture de qualité. Pour trouver un équilibre financier, elle s’est aussi lancée dans la vente directe auprès des particuliers :

« Nous avons au total 20 familles clientes, toutes issues des environs. Beaucoup d’autres sont intéressées, mais en raison des capacités de production de nos 13 ha de terrain, nous devons en refuser ! ».

Pour les fidéliser, elle leur fait payer une cotisation annuelle, qui garantit ses revenus même par mauvaise récolte. Elle leur propose également des services que l’on pourrait croire complètement étrangers au milieu agricole : une salle pour lire ou jouer de la musique, un atelier de réparation de vélo, un métier à tisser…

Pour la première fois cette année, la ferme a été complètement autonome financièrement, sans coûter de l’argent au restaurant. Au contraire, elle lui apporte même un gage de qualité. Depuis 5 ans en agriculture biologique, la terre du terrain s’est également améliorée.

Bilan très positif donc, qu’elle veut montrer au plus grand nombre, par les visites qu’elle organise et en s’inscrivant dans différents réseaux internet comme « Model farm project » qui met en valeur ce genre d’initiatives. Et comme le résume Lejen,
« c’est important une ferme modèle. Ca permet de prouver que des alternatives efficaces sont possibles face aux fermes usines qui existent près de Pékin ».

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Pour Lejen, le projet « green cow farm » est un vrai travail de management, un projet à long terme qui demande un investissement de tous les jours. Lumière sur une femme qui a de la suite dans les idées.




Pour Lejen, 48 ans, mi-chinoise mi américaine, la Green Cow Farm est avant tout un travail de manager !

Quel est votre parcours pour en arriver là ?

A l’origine, j’ai une formation de réalisatrice de film. J’ai travaillé à New York pour un grand groupe qui faisait des téléfilms, je donnais des cours de montage. En fait, j’ai la double nationalité, chinoise et états-unienne. Il y a quelques années, je suis venu en vacances en Chine pour un festival de cerf-volant et j’ai rencontré des gens qui travaillaient pour la télévision chinoise. Ils m’ont proposé de travailler avec eux. Je me suis donc installée en Chine et pendant 6 ans, j’ai fait des documentaires aux quatre coins du pays.

Comment avez-vous eu l’idée de ce projet ?

C’est mon mari qui en est à l’ origine. Nous nous sommes rencontrés au milieu des années 1990. Après avoir gouté les bagles américains, il a tout de suite adoré et a lancé l’idée d’en vendre en Chine. Moi, je voulais avoir mon propre business alors on a foncé et nous avons crée la première compagnie de bagles chinois.

Votre projet comporte beaucoup de facettes, quels en ont été les différentes étapes ?

Nous avons commencé par lancer la fabrique de bagles en 1996. Ensuite nous avons voulu créer une autre vitrine et donc en 2003 nous avons lancé notre restaurant qui nous permet à la fois d’avoir une autre source de revenus et de promouvoir et vendre nos produits. Mais nous voulions proposer des aliments de qualité dans nos assiettes et en Chine, c’est très compliqué de contrôler les approvisionnements. Ainsi, nous avons décidé de créer une ferme biologique, qui a vu le jour en 2004. On n’avait pas vraiment prévu de faire tout ça…

Les chinois sont-ils sensibles aux produits biologiques ?

Oui de plus en plus. La Chine a commencé à utiliser des produits chimiques dans l’agriculture il y a 30 ans. Aujourd’hui, les fermiers prennent conscience que les produits chimiques appauvrissent les sols. Ils reviennent de plus en plus à des techniques plus traditionnelles. A la ferme, le prix des légumes est un peu moins cher que dans les magasins classiques mais surtout, les adhérents de la ferme cherchent la qualité du produit.

Quels ont été vos plus grosses difficultés ?

Elles sont apparues lorsque nous avons lancé la ferme. Tout d’abord, il a fallu nettoyer tout le terrain qui était plein d’ordures, ça nous a donné 6 mois de travail ! Mais surtout, la terre a mis à se renouveler pour faire des cultures biologiques. Ensuite, les chiens et les chats tuent beaucoup de nos poulets, et les oiseaux mangent les graines.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

Nous avons quand même réussi à protéger ce petit bout de terrain. C’est vraiment gratifiant de voir notre terre devenir de plus en plus fertile et nos plantes devenir de plus en plus résistantes chaque année. Nous sommes aussi fiers d’avoir réussi à développer de la nourriture typiquement new-yorkaise en Chine.

ZOOM : Un restaurant new-yorkais… en banlieue de Pékin !

Salades, hamburgers, pizzas, sandwichs, pâtes, soupes, bagles : le menu du restaurant de Lejen offre un choix assez inhabituel pour la Chine. C’est l’une des ses fiertés : faire découvrir à sa clientèle des saveurs venues d’ailleurs tout en produisant localement.

Sa ferme biologique permet d’assurer presque la totalité de la demande en légumes du restaurant, sauf l’hiver où Lejen est obligée d’acheter certains produits qui ne poussent pas à cette époque, comme les pommes de terre pour les frites.

Aujourd’hui son restaurant emploie 10 personnes et sert une cinquantaine de couverts par jour à une clientèle hétéroclite, composée de chinois et d’étrangers de toutes nationalités. Un succès qui conforte Lejen dans ses choix alternatifs !



Un large choix de bagles produits dans la fabrique de Lejen : une façon de faire découvrir des saveurs d’ailleurs tout en produisant localement.



posté par l'équipe DynamoS'Olidaire le 10/02/2009


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