Inde, entre Pondi, Trichy et Kavalkaranpatty, du 18 au 26 janvier
Kavalkaranpatty3
Pour voir
toutes les photos
cliquez ici

Un nouveau sur la route spécial, deuxieme episode de nos visites a Kavalkaranpatty. Celle que nous vous presentons aujourd'hui, vous avez pu les apprecier en photo la semaine derniere.
Chronique : Des visites incontourables...
La fête du Pongal terminée, nous enfourchons nos vélos pour 2 jours direction Karaikal et le projet de protection de la biodiversité marine mené par Keerty, le fils d’Ursula. Au bord de la mer, Nous visitons un village de pêcheurs touché par le projet. Entièrement détruit par le tsunami, quelques ruines témoignent encore de la catastrophe. Sensation étrange de se retrouver sur cette plage qui a été le théâtre d’un tel désastre. Les pêcheurs décident de nous faire sentir la puissance des vagues sur leur bateau, les bonds de l’embarcation sur les rouleaux sont impressionnants, on a du mal à imaginer la force du tsunami…
|
Après toutes ces émotions, nous abandonnons nos vélos à Karaikal pour quelques jours. Nous rejoignons Pondichéry en bus pour notre reportage sur la ferme de spiruline de l’association Sharana. Clément et Caroline, des amis d’enfance venu nous faire un petit coucou nous retrouvent en ville. Nous passerons 3 jours ensemble pour visiter les sites incontournables de la région. Pondichéry et son quartier français, un petit parfum colonial bien agréable pour nous qui n’avons plus vu le pays depuis plus de 9 mois. Le palais et le temple de Tanjore classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous passons de bons moments à partager nos visions de l’Inde, eux, qui découvrent les grandes villes et nous qui sortons des régions reculées du pays. Ca fait vraiment plaisir de se retrouver…
|
.JPG )
photo avec l'elephant du temple au centre de la ville
|
|
.JPG )
Les bus publics, rien a voir avec le velo...
|
Nous découvrons aussi une autre façon de voyager. Impossible de voir tout un pays en 15 jours de vacances… il faut faire des choix, un ou deux jours dans chaque ville et trajets en bus publics interminables. Nous réalisons la chance que nous avons de pouvoir prendre le temps du vélo qui décidemment est un moyen de transport idéal… pas d’horaire, assez rapide pour faire 100 km par jour, assez lent pour profiter des paysages et surtout un moyen exceptionnel pour rencontrer les locaux.
|
Nous quittons Clem et Caro a Trichy pour retourner chez Ursula et visiter les WSHG (Women Self Help Group) de TRD. Découvertes des problèmes concrets de discrimination des intouchables et danses avec les membres des groupes au rythme des chansons traditionnelles. Deux jours encore plein de nouvelles expériences avant notre dernière semaine de vélo en Asie le long de la cote Est de l’Inde direction Kanyakumari.
Ferme collective : 15 femmes pour un seul terrain
Pour voir
les photos de la ferme collective, album du precedent sur la route,
cliquez ici
« Avant, ce champ était plein de tans *, maintenant ces 15 femmes y cultivent des légumes, du riz et du mais » explique Ursula. Il y a 10 ans, deux militants sont venus les rencontrer. Voyant la part importante du budget nourriture dans leurs dépenses, ils leur ont proposé de former un groupe, d’épargner chacune 50 roupies par mois et d’acquérir ensemble un terrain à cultiver « Nous leur avons répondu non» racontent les 15 femmes. Ce projet ne pouvait pas marcher pensaient-elles. La banque leur refusait même un tout petit emprunt, alors acquérir un champ !
Pourtant, les deux militants sont revenus et à force de patience et d’arguments, les femmes ont été convaincues. En 2000 elles se lancent et acquièrent le champ grâce à un contrat de leasing. « Le préfet du district de l’époque était un homme bon et humain, il a donné l’accord à ces femmes alors que d’autres auraient sans doute dit non » précise Ursula.
Depuis 10 ans, chaque récolte est divisée équitablement entre toutes les femmes qui l’utilisent pour leur consommation personnelle. Elles vendent parfois l’excédent pour arrondir leur fin de mois mais ont souvent un autre travail.
|
.JPG )
discussion avec les femmes sur la parcelle de terrain
|
Tout n’est pas facile pour autant. Elles doivent sans cesse se battre pour conserver leur titre de propriété et n’exploitent qu’une partie de leur terrain, n’ayant pu mettre en place un système d’irrigation sur l’ensemble du domaine. Dernièrement, la pompe de leur forage a cassé…
« Ce n’est pas facile de lier cette activité avec le travail de maison, » continue l’une d’elles «mais quand on va à la banque, on nous offre une chaise ! ». Une phrase qui en dit long sur leur confiance gagnée…
NREGA : 100 jours de travail annuel pour toute famille rurale !
Pour voir
les photos de la ferme collective, album du precedent sur la route,
cliquez ici
Toute famille rurale indienne doit pouvoir travailler 100 jours par an pour un salaire minimum de 80 Rs/j, National Rural Employment Guarantee Act (NREGA), 2005. « Toutes les femmes qui creusent ce canal travaillent dans le cadre de cette loi » explique Ursula. L’état du Tamil Nadu mène en effet depuis quelques années une politique de grands travaux hydrauliques générant beaucoup d’emplois dans le monde rural.
|
.JPG )
Il n'y a pratiquement que des femmes sur ce chantier de canal...
|
Pourquoi n’y a-t-il presque que des femmes ? Pourrait-on se demander. « Parce que les hommes ne peuvent accepter d’être payés le même salaire ! » répond Ursula. Ils préfèrent travailler dans la construction de routes par exemple. Ils reçoivent 200 Rs par jour et les femmes seulement 100. « Mais ce genre de travail est souvent loin de leur village et ils n’ont pas la garantie de 100 jours par an, contrairement au NREGA » précise Ursula.
TRD a créé un syndicat parmi les travailleuses pour veiller à la bonne application de la loi. « La garde de leurs enfants durant leur temps de travail est un problème très important. Le gouvernement n’avait toujours pas fourni une tente en guise de crèche à proximité du chantier.» Explique en exemple Ursula. Pour faire appliquer la loi, elle a du faire signer une pétition aux femmes et est allé auprès du préfet local.
|
Les femmes sont aujourd’hui contentes d’avoir un travail régulier. Elles se sentent plus fortes et ont plus de poids dans les décisions de couple. « Cette loi a aussi eu des répercutions positives sur les conditions de travail agricoles » ajoute pour conclure Ursula. Les grands fermiers craignant de voir partir toutes leurs travailleuses, celles-ci ont vu leur salaire passer de 35 Rs/j à 70 !
Pour voir
toutes les photos
cliquez ici
posté par Tanguy, Loic, Thomas le 27/01/2010
[Commentaires (2)] [Ajouter un commentaire]
Commentaires
pascal, le 09/02/2010 à 14:43
hey lolo, le village ravagé à côté de Karaikal, c'est pas tharangambadi ?
Jean-Pierre Chastre, le 03/02/2010 à 12:56
Je suis celui qui vous a repéré sur Ulan Udé, république bouriate, berceau des Huns avec Attila, chef terrible. Je ne connais pas les Indes, mais je connais aussi le VIETNAM surtout la région nord d'Hanoi. Encore bravo! jp_chastre@yahoo.fr,