Nepal, autour de l'Annapurna, du 29 octobre au 7 novembre
10 000 km, 5416 m et - 15 °C
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Chronique : "Chronique : « Thorong pass,
5416 m : nous
fêtons en caleçon nos 10 000 km par -15°C
»
Deux
jours avant de partir en trek, nous faisons la queue dans
l’ambassade indienne pour obtenir nos visas. Nous rencontrons
Franck, un parisien qui a tout quitté il y a un an tout
juste pour traverser l’Europe, le moyen Orient et
l’Asie à vélo. Il décide de
partir avec nous.
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Le
28 octobre, un premier car nous dépose à
Bési Shahar, puis nous montons sur le toit d’un
bus pour les 10 km restants jusqu’à Bulbulhe
(700m). De là démarre nos 7 jours de marche.
Nous faisons la course avec des groupes de touristes Allemands,
Australiens, Belges, Tchèques, Français qui
souvent sont accompagnés de guide et de porteurs. Les deux
premières journées, nous
avançons vite
en fond de vallée, l’ascension est lente et
facile. Thomas attrape bientôt des ampoules et un
mal de bide
au matin. Il passera une matinée sur une mule en compagnie
d’une mamie allemande…
Les
cimes enneigées apparaissent bientôt au dessus de
nous. Le troisième jour de marche, nous prenons
une
après midi de repos dans un petit village juste
après Manang. Nous sommes les seuls touristes dans ce
village à flan de falaise, ce qui est rare sur cette route
très empruntée par les trekkeurs à
cette époque de l’année.
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10 000 km et un
col à 5400, ca valait le coup de se mettre en
caleçon, même par -15°C !
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Le Dhaulagiri
(8176 m) nous surplombe
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Les
deux jours suivants nous continuons l’ascension
jusqu’au sommet du trek et du voyage, le col de Thorong La
Pass à 5416m. La veille du passage du col nous
dormons dans
le camp de base à 4900m, au dessus du Mont Blanc ! Au col,
nous fêtons en caleçon nos 10 000 km, et
mettons
le feu à la neige en chantant « Les champs
Elysées », guitare à la
main.Température estimée par un russe :
-15°C
Lors de la descente jusqu’à Jomson, nous passons
par un chemin peu emprunté par les touristes. Vues sur des
paysages grandioses, arides et rocailleux, les cultures hindouiste et
bouddhiste se mélangent ici, nous retrouvons
l’influence tibétaine. Pendant ces
derniers jours
de marche le Dhaulagiri (8167m) nous surplombe, mais au final
nous
n’aurons même pas vu l’Annapurna,
caché par d’autres sommets à 6 ou 7000.
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De
Jomson, 21h00 de bus non stop sur des routes chaotiques nous attendent
pour rejoindre Katmandou. Franck a continué seul marche,
vers le sanctuaire des Annapurna. Nous retrouvons Sylvain
à Katmandou, il vient de traverser le Tibet avec
un groupe de touristes accompagnés. Nos
retrouvailles se font autour d’un Dal Bat, le plat national
népalais, à échanger nos
impressions sur les contrées traversées depuis
Oulan-Bator.
Vie quotidienne : "Sur le chemin des
guesthouses…"
8 kg,
c’est globalement le poids de nos sacs au moment ou
débutons ce trek. Pas grand-chose, et encore, on avait pris
quelques surplus : guitare pour jouer au sommet du col, diapason pour
tous les autres autours qui jouaient pas de la guitare, chaussons
d’escalade pour Tanguy. Faut dire que notre logistique
n’était pas très compliquée
: on mangeait et dormait tous les soirs dans une des nombreuses
guesthouses du circuit. Pas besoin donc de tout ce matériel
encombrant : tente, réchaud etc…
Par
contre, il était assez difficile de
négocier le
prix des repas. Chaque guesthouse affichait un menu touriste,
avec des
prix évidemment bien plus élevés que
pour les locaux, et si on n’était pas content on
pouvait toujours aller voir celle d’à
côté : le menu était exactement le
même ! En fait, on pense que les villageois
s’étaient regroupés autour
d’une bourse commune : moins de concurrence sur les prix,
plus de pouvoir de négociation sur des touristes comme nous
qui cherchons sans cesse à diminuer les prix…
malin !
Notre
seule stratégie était en fait de demander la
gratuité de la chambre après avoir
dînés dans la guesthouse (stratégie
héritée de Franck, qui depuis qu’il a
démarré son voyage a vélo il y a un an
n’a jamais payé d’hôtel,
sacré négociateur ce Franck…). En
général cette technique fonctionnait
plutôt bien, sauf peut être le dernier jour
à Jomson où on aurait sans doute du
s’abstenir de toute négociation (voir insolite Franck)
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Cuisine traditionelle au feu de bois dans les
guest-houses
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Impressions à chaud : "Pris en sandwich entre l'Inde et la Chine"
Enclavé entre les deux grandes puissances
asiatiques, le Népal a du mal à exister. Un mélange de tradition indienne et
d’idéologie chinoise. Récemment, le pays a connu des troubles : successions
de plusieurs systèmes monarchiques et une guerre civile en 1996 qui opposait
le gouvernement aux rebelles maoïstes. Gyanendra, le dernier roi du Népal
accéda au trône en 2001 après le massacre de toute la famille royale.
Il voulait régler le problème maoïste. Médias muselés, des centaines
de personnes arrêtées, en 2006, sous la pression d’une grève générale,
il restaura le parlement ce qui marqua la fin de la monarchie et de la rébellion.
En 2008, la république démocratique fédérale du Népal est instaurée.
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Ils sont pas grands, mais ils sont capables de porter jusqu'à 70 kg...bluffant !
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Malgré tous ces troubles, le Népal
reste l’une des destinations préférées des globe-trotters de toutes les nationalités.
Chaque année, par exemple, des dizaines de milliers de touristes font le tour des
sommets de l’Annapurna. Seule une petite partie de ce trek magnifique reste
inaccessible en véhicule et la route s’allonge de plus en plus.
Le Népal est un pays pauvre marqué par
les traditions. Presque tous les mariages sont arrangés par les familles des
époux qui ne se rencontrent qu’après la célébration de leur union. La société
est organisée sur un système de castes qui régit les rapports sociaux.
Les porteurs de hautes montagnes échappent à ce système. Le plus souvent
des sherpas (peuple de l’Est), ils portent entre 40 et 70 kg, une bretelle
sanglée sur leur crâne, pour 15$ par jour. Un travail de bêtes pour
un salaire correct au Népal (comparé au 25 € mensuel du fonctionnaire népalais)
mais dérisoire pour nous.
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Nous apprécions vraiment
ce pays pauvre par l’argent mais tellement riche par sa culture
et son peuple. Leur accueil, leur sourire et leur calme légendaire
créent une atmosphère très agréable.
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posté par Tanguy' Loic, Thomas le 08/11/2009
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