Chine, de Chengdu à Yajiang, du 3 au 15 septembre, 400 km
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Chronique : "Premiers 4000m vélo pour
les
dynamos"
3 septembre
18h, Les derniers préparatifs bouclés, nous quittons l’auberge de
jeunesse A VELO !!!
Il faut sortir de la ville et ça ce n’est pas évident pour trois mecs
sans plan ni la moindre notion du sens de l’orientation. Ça n’a pas
loupé nous étions incapables de trouver la bonne route. Heureusement,
nous croisons Naibin, un ami de Thomas avec qui nous avons passé notre
première soirée Chengdu. On décide alors de diner ensemble
puis il nous invite à dormir chez lui à 20km de la ville sur la route
du Tibet. que demander de plus?
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Le
lendemain, au bout de 50km, Thomas crève. Le temps de réparer, un
chinois avec un vélo bien chargé nous accoste. Il s’appelle
Léon. Il nous explique qu’il a déjà fait 4000km et qu’il veut
aller jusqu'à Lhassa. Et voila un quatrième vélo pour aller au Tibet.
Le courant passait vraiment bien entre nous 4. Durant les deux jours
suivants, il nous a appris quelques mots de chinois et nous, nous lui
avons fait découvrir les joies des nuits à la belle et des
chansons françaises.
Le jour suivant est fatal pour notre ami. Son vélo n’étant pas de
première jeunesse, Léon a du mal à avancer dans les côtes et au détour
de l’une d’elle ça casse. Obligé de retourner dans une ville pour
réparer, il nous a abandonnés.
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Léon nous rejoint à une cinquantaine de km de Chengdu
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Pose au sommet, les pieds dans le vide
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De
nouveau à trois, nous avons hâte de commencer les vraies montées, elles
savent se faire désirer. 4 jours depuis Chengdu, on est toujours à
1000m d’altitude. Enfin, la première se montre, nous passons de 1000 a
1800 m en 12km, aie ça fait mal ! On redescend de 500 m et dormons au
pied de la première grosse épreuve : un col à 4300m. Les 2
jours suivants sont vraiment durs, chemin de sable, flot
ininterrompu de camions, poussière partout et manque d’oxygène, l’air
pur de la montagne qu’ils disaient. Enfin on y est arrivé et la vallée
suivante a un parfum de récompense : petite rivière turquoise au milieu
d’un tapis de verdure et des maisons traditionnelles aussi jolies les
unes que les autres.
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Le
deuxième col que nous devons du franchir n’est pas sur notre
carte. Le matin nous partons la fleur au fusil pour une petite journée
de velo en fond de vallée (à 3500m quand même). La route commençe
?monter doucement. A chaque virage nous nous attendons à redescendre.
Mais arrivés à 4000 m et voyant que nous sommes loin du sommet, nous
comprenons que la journée va être plus longue que prévue. Finalement
nous montons jusqu'à 4500m. Nous finissons la
journée à Yajian, à 2800m. Nous nous accordons une petite pause à
l’hôtel pour prendre une vraie douche et bien dormir. Et Léon nous
rejoint aujourd’hui !
Vie quotidienne : "L'Himalaya, ça roule..."
De
nouveau sur les vélos, nous sommes au départ de Chengdu bien content de
retrouver nos habits de cyclistes. C’est un nouveau rythme à prendre :
pluie, montées, soleil, descente.
En une semaine nous avons bivouaqué dans à peu près toutes
les conditions possibles et imaginables. Un soir, nous
pédalons en remontant une rivière qui sinue entre les parois étroites
de deux flans de montagne, la vallée est si étroite que nous ne
trouvons pas de coin où dormir. Nous avions déjà eu le même problème
dans les Carpates roumaines. Finalement, dans un méandre de la rivière,
une plage de galets apparait et nous pouvons jeter là nos sacs de
couchage. Un orage éclate et la pluie se met à tomber vers minuit, nous
n’avons pas monté la tente. Le seul carré de terre disponible est plus
haut, au bord de la route. Nous dormirons là, à quelques mètres des
camions. Les routiers ont l’air d’avoir l’habitude de s’arrêter là
faire leurs besoins.
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Etalage des duvets dans la rue après une nuit pluvieuse
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Une autre fois nous nous réfugions au pied d’une cascade. Le torrent
alimente en eau potable le village en dessous de nous, un coin idéal
pour prendre une douche après une journée de vélo. Les dénivelés que
nous avalons font bien de l’Himalaya la partie la plus physique de
notre voyage. Mais les nombreuses sources d’eau fraiche et les villages
où nous nous restaurons le midi aident à passer le cap plus facilement.
Eau à volonté et restaurants sur la route, nous n’avions pas ce confort
dans le Gobi.
Tous les midis nous mangeons donc dans les restos chinois. La
nourriture chinoise commence à nous lasser : toujours les
baguettes, les épices, le riz... Grâce à notre ami Léon, nous pouvions
expliquer que nous ne voulions pas de poulet ou de poisson : ils sont
servi découpés n’importe comment avec plus d’arrête et d’os que de
viande. Mais ces repas du midi valent mieux que nos sempiternels
pain/fromage/saucissons que nous avalions le midi en Europe !
Impressions à chaud : "A l'allure où vont les
travaux, c’est sûr, les prochains cyclistes rouleront sur une route
goudronnée parfaite."
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Les paysans font sécher leurs grains sur la route
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Pas
besoin d’être très observateur pour se rendre compte que la
culture du riz est l’activité principale dans la vallée qui
relie Chengdu àYa’an. Coiffés d’un chapeau rond pointu, les chinois
s’affairent dans les champs étagés. Et comme d’habitude, ça grouille !
A droite une vielle dame charge son dos d’un grand panier d’osier, plus
loin un homme porte sur ses épaules deux seaux reliés par une barre en
bois. Et même la route est utilisée : les chinois y étalent les graines
de riz pour les faire sécher.
Changement radical de décor à partir de Ya’an. On est passé en quelques
(longs) coups de pédales d’une atmosphère chaude et chargée
en humidit à la fraicheur des nuits montagnardes. L’air pur
il a fallu l’attendre un peu, le temps de dépasser les travaux sur la
route qui mène aux plateaux tibétains (la partie toujours au Sichuan).
Bel exemple d’ailleurs de la Chine en mouvement : sur des kilomètres
les ouvriers s’affairent, les camions passent et repassent. A l'allure
où vont les travaux, c’est sûr, les prochains cyclistes rouleront sur
une route goudronnée parfaite.
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Passée cette
première montée qui faisait office de véritable muraille, nous avons
découvert une nature beaucoup plus préservée. Fini
les camions, nous photographions désormais la rivière au fond du
vallon, le troupeau de yacks qui la traversait, les maisons
traditionnelles en grosses pierres grises. Evolution de la population
aussi, nous avons croisé de nombreux tibétains qui représentent ici une
minorité ethnique importante. Par contre, quelque chose qui n’a pas
changé depuis notre entrée en Chine : dans n’importe quelle ville
traversée, même la plus isolée, il y du monde dans les rues, des
jeunes, des moins jeunes, de nombreuses enseignes de magasins. La vie
grouille !
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posté par Tanguy, Loïc et Thomas le 15/09/2009
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Commentaires
Albert le 5e, le 22/09/2009 à 01:26
Roooo les gars putain ça y est vous attaquez le costeau !! Vous me faites rêver les mecs, je vous suis aussi souvent que je peux et je vous accompagne par la pensée (c'est beau hein ;) )
La bise à tous, prenez soin de vous
P.S. j'avais un pigeon qui s'appelait Léon quand j'étais gosse ;)
olivier, le 17/09/2009 à 23:53
BRAVO les gars ! Je vous suis et lis en silence vos exploits depuis le départ d'Olivet. Vous me faîtes vibrer et envie. Continuez ainsi, la vie est devant vous, sur ces belles routes humaines du monde !
Olivier (et Coralie) ceux qui ont été heureux de vous prêter leurs montures roulantes en acier....