Mongolie, de la frontière russe à Oulan Bator, 15-25 juillet, 400 km
Mongolie
Dans l'immensité des steppes
mongoles
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Chronique : "Nous fêtons nos 5000 km un
soir au sommet d’une colline, moment magique, une vue
infinie, le vent qui fouette nos visages…"
Nous
arrivons à la frontière à 12h en ce
mercredi 15 juillet. On passe sans problème, doublant les
voitures et remplissant rapidement le formulaire
d’entrée en Mongolie. Dernière nous
arrive Libor, un tchèque qui lui aussi est à
vélo ! Mais lui voyage tout seul et beaucoup plus rapidement
: il est parti fin mars et atteindra bientôt 10 000 km. En
fait, il veut rejoindre le Vietnam et revenir en république
Tchèque par la partie Sud, entendez l’Inde, le
Pakistan, l’Iran etc… Un parcours de 30 000 km
qu’il compte bien combler en 12 mois tout juste. Bref, nos
5000 km que nous allons bientôt franchir nous paraissent bien
ridicules.
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A
la sortie du premier village, des enfants nous suivent à
vélo pendant quelques kilomètres. Nous voyons les
premières yourtes, les collines à pertes de vues,
les steppes infinies. La route est bonne et nous avançons
tout en discutant avec Libor. Le soir, nous passons une
rivière, le paysage est superbe. Nous montons sur une
colline, nous battons avec les moustiques et passons une
agréable soirée au coin du feu à jouer
de la guitare. Pour Libor, c’est la première fois
qu’il dort avec d’autres gens et semble ravi de
changer un peu de mode de vie.
Les
deux jours suivant, le paysage est toujours aussi grandiose et vide
d’habitation. Quelques yourtes tout au plus, des cavaliers au
loin qui dirigent leur troupeaux, de petites villes de quelques
milliers d’habitants tous les 50 km. Nous fêtons
nos 5000 km un soir au sommet d’une colline, moment magique,
une vue infinie, le vent qui fouette nos visages…
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En route nous
rencontrons Libor avec qui nous roulons toute une journée.
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Entre deux villes
souvent distantes de plus de 50 km, des campements de yourtes
s'installent.
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Nous
arrivons finalement vendredi 17 à Bornuur, à 100
km d’Oulan Bator après s’être
battus toute la journée contre le vent les
montées et la pluie qui fait rage. Nous devons y retrouver
Amgalan Bayar, trentenaire mongole qui vit en France depuis 6 ans et
qui a monté avec sa femme Audrey, un projet de culture de
l’échalotte biologique dans le village de Bornuur.
Objectif, apporter une source de revenu supplémentaire
à 5 familles des alentours, et les inciter ainsi
à continuer à vivre dans les campagnes.
Nous
n’arrivons finalement que le dimanche soir à Oulan
Bator. Pour sylvain cela sonne la fin de ses kilomètres
à vélo, pour nous une semaine avant de partir
pour le Gobi. Nous en profitons pour faire une journée de
cheval dans un parc national et visiter la ville. Vendredi 24, grand
jour : Thomas arrive, tout frais, tout blanc, tout
rasé… ça va pas durer ! Nous avons
trouvé un chouette hôtel, 11 lits dans la
même chambre où nous rencontrons de voyageurs du
monde entier dont Matthieu, français de Clermont Ferrant en
voyage pour deux mois, qui va partir avec nous samedi pour rejoindre
à vélo la frontière chinoise !
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Vie quotidienne : "« Y'aurait-il autant de
façon de voyager que de voyageurs? »"
Déjà en Sibérie, les moustiques
commençaient à nous gâcher certaines
soirées. Les premières
nuits mongoles se sont passées sous la tente, nous privant
ainsi du ciel magnifique
qu'offre les steppes mongoles au coucher du soleil. Heureusement,
passé
un col mystérieux, les moustiques ont disparu... /p>
Les
restaurants mongoles ne coûtent rien, 1 à 2 euros
pour un plat, et nous mangeons donc du mouton à chaque
repas, plus besoin de cuisiner. Ce nouveau rythme de vie ne semble pas
convenir à notre compagnon Tchèque d'un jour.
Libor a 30 ans, et ne voyage qu'avec un seul objectif : arriver seul au
bout de son périple de 30 000 km en Asie. Il fait trois fois
plus de vélo que nous ce qui laisse peu de place
à la découverte des gens et des pays
traversés. Il ne mange pas de viande, et surtout pas dans
les restos locaux, ses repas se composent essentiellement de pain et de
fromage qu'il mange seul sous sa tente. Il recherche la solitude,
rencontre peu de monde et craint toujours pour sa
sécurité et surtout pour ses affaires.
Contrairement à nous, personne ne garde son vélo
lorsqu'il fait ses courses ! Mais son obsession sécuritaire
est parfois extrême : il ne veut pas faire de cheval de peur
de tomber et de gâcher son voyage par une chute. Bien que
nous voyagions à vélo comme lui, sa conception du
voyage est diamétralement différente de la notre
: n'y a-t-il pas autant de façon de voyager que de voyageurs?
Des
voyageurs au long cours, nous en rencontrons tous les jours depuis
Irkoutsk : est-ce qu'ils se sont tous donner rendez-vous ici.
L'ambiance de notre guest house à Oulan Baator n'en est que
plus joyeuse et enrichissante : nous embarquons tous les soirs les
australiens, les canadiens, néo zélandais,
israéliens de passage. Notre anglais fait des
progrès !
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Libor, 3 mois de voyage et déjà 10
000 km !
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Impressions à chaud : "Des steppes
à pertes de vue où les animaux sont plus nombreux
que les habitants."
L’arrivée en Mongolie fut marquée par
la disparition de la Taïga
au profit des grandes steppes vertes. Seule la route rectiligne
qui s’étire à perte de vue coupe ces
formes arrondies. L’immensité
qui nous fait face reflète exactement l’image de
la Mongolie à laquelle
nous nous attentions. Avec ses 2 millions d’habitants, dont
la moitié vit
à la capitale, pour une superficie 3 fois
supérieure à celle de la France,
la Mongolie est très faiblement peuplée. Il
n’est donc pas rare de parcourir
plusieurs dizaines de kilomètres sans rencontrer personnes.
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architecture
communiste, grosses usines… Oulan Bator se
développe à toute vitesse sans aucune
cohérence architecturale.
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Heureusement
notre regard s’accroche aux innombrables
troupeaux qui parsèment le paysage, et notre esprit se
laisse transporter à la vue des cavaliers qui chevauchent
les steppes au galop. Ici moutons, chèvres, vaches et
chevaux se mélangent dans une infinité de taches
blanches, noires et beiges sur fond vert fluo.
Les
villes
contrastent énormément avec la beauté
des steppes. Les immeubles datant des années
soviétiques cohabitent avec les « quartiers
palissades » où les yourtes si fières
dans la steppe apparaissent ici comme des habitations
précaires. Oulan Bator est d’ailleurs la seule
ville qui mérite un tel nom. L’afflue des
populations rurales à la recherche d’un travail
viennent gonfler la périphérie. La ville se
développe donc à grande vitesse sans aucune
cohérence architecturale. La voirie est
défoncée et après chaque orage les
routes se transforment en de véritables piscines.
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Les mongoles
sont un peuple très accueillant et expressive. La grande
majorité des voitures que nous croisons ne manquent pas de
nous klaxonner ou de nous faire des appels de phares pour manifester
leur soutient. Voir des &aquo; russes de France »
voyager sur des chevaux de fer ne manque pas de soulever leur
curiosité. Malheureusement, nos échanges sont
plus que limités. Le russe nous paraissait
déjà incompréhensible, mais le mongole
nous semble tout simplement insurmontable !
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posté par Tanguy, Loic et Sylvain le 25/07/2009
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